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lundi 29 août 2011

Scepticisme vis-à-vis de la singularité

Dans un article récent sur Boing Boing, un neuroscientifique du nom de David J. Linden exprime son scepticisme de professionnel du cerveau sur les allégations de Kurzweil et le prétendu avènement de la singularité.

Dans son article l'auteur discute surtout des affirmations de Kurzweil selon lesquelles, en 2020, des nano-robots se balladeront dans notre cerveau et, en 2030, on pourra enfin "uploader" son esprit sur une machine.

 Linden désapprouve Kurzweil quand il transfère sa règle de développement exponentiel (qui est cependant valable pour la technologie) aux connaissances biologiques. Pour Linden, les connaissances biologiques suivent un développement linéaire. Puis, le nano-robot dont parle Kurzweil est bien trop grand et trop grossier pour se glisser dans les micro espaces entre les cellules du cerveau. Ce qui fait dire à Linden que les prévisions de Kurzweil sont bien trop optimistes.

samedi 13 août 2011

Contre la neuroéthique

Plusieurs personnes estiment que la neuroéthique n'a pas lieu d'être. Qu'il s'agit d'une fausse discipline. La raison principale est certainement que la neuroéthique n'a pas de problèmes propres. Tous les problèmes qui peuvent être adressés aux neurosciences seraient des problèmes généraux qui sont déjà abordés dans les discussions éthiques habituelles. C'est par exemple l'opinion de Jens Clausen dans un petit article paru il y a quelques années dans la revue Nature.

Le site Mind Hacks relaie un autre article qui alimente cette querelle sur la légitimité de la neuroéthique.

dimanche 10 avril 2011

Sebastian Seung: I am my connectome

Dans cette conférence TED assez récente, Sebastian Seung qui s'intéresse au cerveau, à l'informatique... affirme "Je suis mon connectome". Qu'est-ce que cela signifie-t-il ?

Seung exècre les gens qui prétendent réduire l'homme à son génome, son ADN. Si les gènes portent des informations qui peuvent parfois déclencher de graves maladies, pas de problème. Mais si certains estiment que la personnalité même est dépendante des gènes, il faut leur dire "Je suis plus que mes gènes". Mais que suis-je alors ?

A cette question, Seung répond "Je suis mon connectome". Ce connectome en question a déjà été modélisé pour un vers de 300 neurones. Le connectome correspond à une cartographie de la structure du système nerveux, ce qui implique non seulement d'identifier la place des 300 neurones, mais également les milliers de liaison qui font communiquer chaque neurone avec ses voisins. Ce connectome est unique, le reconstituer, c'est reconstituer votre esprit. Cependant, la cartographie du cerveau d'un vers a pris 12 ans. Il faut de nouvelles technologies plus performantes avant de pouvoir tracer le connectome de cerveaux aussi compliqués que ceux des hommes. Seung présente alors la technique qu'il a mise au point, la technique d'analyse du cerveau et des connexions entre ses neurones. Mais si c'est possible de faire ça pour un tout petit espace, c'est quasiment impossible de le faire pour un cerveau entier.

Ensuite il explique son hypothèse : que chaque connectome est unique. Le connectome, tout comme la personnalité, l'identité individuelle, évolue avec le temps ; ces évolutions sont corrélées à des changements dans la structure du cerveau, et il y a fort à parier que chaque émotion, chaque sentiment soit codé dans le cerveau à l'aide de synapses, d'activité électrique et de réaction chimique. De la même façon qu'une rivière s'écoule en étant dirigé par le lit qui l'accueille, les pensées d'un individu suivent la structure cérébrale qu'il a acquise. Mais tout comme l'eau peut, avec le temps et l'effort, modifier le tracé de son parcours, nos pensées peuvent parvenir à modifier notre structure cérébrale.

L'intérêt de sa recherche est qu'elle mènera à identifier ce qui ne va pas dans certains cerveaux, les erreurs de cablage qui ont du survenir durant la formation de ceux-ci. Mais les applications possibles ne s'arrêtent pas là. Seung parle des prophètes qui estiment que la technologie va nous permettre d'atteindre l'immortalité, et notamment les adeptes de la cryogénisation. Il estime que si l'esprit n'est pas abimé durant le processus de suspension, alors nous pourrons espérer reconstituer les souvenirs des personnes cryogénisées. Et j'ajouterai, à titre personnel, qu'on pourrait également à partir de là espérer télécharger un esprit entier sur un ordinateur.


vendredi 8 avril 2011

New Scientist | Less invasive mind control system for prosthetics

Dans cette coupure de presse relayée sur le site de Ray Kurzweil, une vidéo nous explique une nouvelle technique qui pourrait s'avérer bien utile à la neuroprosthétique. Cette discipline étudie la manière dont fonctionne le cerveau pour ensuite appliquer ces informations à des appareils tels que des prothèses neuromotrices.

L'intérêt de la nouvelle technique est qu'elle permet à l'aide d'un système moyennement invasif (implant sous-cranien, mais qui ne rentre pas dans le cerveau en lui-même) de collecter des données sur les mouvements du bras pour commander un bras artificiel. Ces données de direction sont calculées comme la résultante de l'activité électrique propre de chaque neurone commandant l'activité du bras.

dimanche 3 avril 2011

Esprit posthumain et neuroéthique

Le professeur Andy Miah est un philosophe qui enseigne l'éthique et les nouvelles technologies émergentes en Ecosse. Il travaille principalement sur l'amélioration, le dopage et les jeux olympiques.

J'ai l'occasion de parler de lui car je suis récemment tombé sur une de ses pages qui m'a intéressée : "Neuroethics and Posthuman Mind". C'est une petite présentation générale sur les thèmes cerveau, amélioration, cyborgs, risques, art, interface.

lundi 22 novembre 2010

Un petit coup de jus pour la bosse des maths

Récemment, une équipe de l'université d'Oxford menée par Cohen Kadosh a annoncé avoir fait une découverte très prometteuse : un petit choc électrique dans le lobe pariétal d'un patient le rend doué pour les maths pendant six mois. C'est vraiment très intéressant, mais on se demande quand même quel en est l'intérêt...

Eh bien, figurez-vous que suite à cette annonce, Julian Savulescu, un transhumaniste bien connu, qui justement enseigne à Oxford, a également publié un petit papier dans lequel il fait l'apologie de cette découverte. Il y prétend que 20% de la population a un sévère problème avec les maths, et que cela ralentit l'économie de la société... et que ces gens se sentent presque handicapés par cette inaptitude mathématique. L'amélioration des capacités mathématiques est même un impératif éthique car si la technique est appliquée aux personnalités les plus douées, elles parviendront à résoudre des problèmes tels que la société ne pourra s'en porter que beaucoup mieux. Chouette programme.

jeudi 28 octobre 2010

Jean-Pierre Changeux, des neurosciences à la personne humaine

Je n'ai encore jamais rien lu du neurobiologiste Jean-Pierre Changeux. Mais sa réputation dans le domaine des neurosciences étant énorme, je me suis précipité à sa conférence, organisée à l'Université Libre de Bruxelles par Culture d'Europe (le 15 octobre dernier).

Son propos était constitué de trois niveaux. Tantôt il se contentait de commenter des graphiques obscurs portant sur des expérimentations dont il était à l'origine. Tantôt il tentait de montrer comment les neurosciences peuvent expliquer des phénomènes sociaux comme la violence. Tantôt il débarquait sur le terrain de la philosophie (il a écrit un livre-entretien avec Paul Ricoeur) pour traiter de la nature de la personne humaine et mettre en avant l'importance de l'éducation.

Tout ceci peut sembler très intéressant mais, en fin de compte, j'étais plutôt déçu en sortant de la conférence. D'abord, les explications sur la biologie du cerveau étaient trop courtes (et assez pointues) pour apprendre quoi que ce soit sur son fonctionnement. Ensuite, je n'ai pas très bien compris l'intérêt de nous montrer, IRM à l'appui, qu'il existe des zones de la violence dans le cerveau (non, sans blague, il y a des informations dans le cerveau ?) ; et j'ai trouvé plutôt limite ses assertions sur la formation du cerveau. Pour lui, la crise d'adolescence doit être imputée au fait qu'à cet âge le développement synaptique du cerveau décroît considérablement, et il estime qu'une fois ce cap dépassé, la plasticité du cerveau devenant moindre, la personne ne pourra plus que très rarement admettre ses erreurs et changer d'avis. Enfin, ses références à la philosophie étaient fort naïves, et fort bien pensantes (l'éducation, les droits de l'homme, la responsabilité,...).

J'ai donc malheureusement trouvé de quoi encore renforcer mes idées préconçues sur les scientifiques de ce type. Physicalistes, réductionnistes, prompts à se parer des atours de la philosophie pour paraitre réfléchir. Je sais que j'y vais fort, mais j'ai toujours envie de découvrir ses livres.