Ceci est un vieil article d'Alva Noë dont je n'avais pas encore parlé. Alva Noë est un philosophe qui défend la théoride d'Andy Clark sur l'extended mind. Il est notamment l'auteur de Out of our heads.
Dans cet article, il explique qu'il faut abandonner cette vieille idée qui nous fait penser que la conscience est un point quelque part au milieu de notre système nerveux. Si l'on veut comprendre la conscience, nous dit-il, il faut se tourner vers l'extérieur, vers la façon dont nous nous rapportons au monde, dont nous sommes incarnés dans le monde, etc...
Il insiste sur deux concepts à distinguer. Il faut différencier les corrélats neuraux de processus conscients (comme les émotions, par exemple, qui n'existent que parce que le système cérébral leur permet d'exister) des fausses prétentions selon lesquelles toute émotion, pensée... ne se réduit finalement qu'à un évènement dans le cerveau. Il faut faire, dit-il, une différence entre le cerveau et l'esprit. Bien sûr l'esprit ne peut se manifester autrement que par des impulsions électriques dans le cerveau, mais il est aussi plus que ça. Il se manifeste à l'extérieur par exemple.
Cela signifie donc que savoir lire les évènements mentaux qui ont lieu dans le cerveau de quelqu'un, ce n'est pas savoir lire sa pensée. L'article qui fait suite à celui-ci est paru un peu plus tard à cette adresse.
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jeudi 17 mars 2011
dimanche 2 janvier 2011
Andy Clark défend l'Extended Mind sur Opiniator
J'avais déjà parlé d'Andy Clark comme un des auteurs de référence de ce blog (14 novembre). Le philosophe, spécialiste en sciences cognitives, a encore fait parler de lui ces derniers jours. En effet, il a publié le 12 décembre dernier un article sur le tout récent blog de philosophie du New York Times. Quelques jours plus tard, Andy Clark remettait le couvert avec une réponse aux objections soulevées dans les commentaires du premier article.
Le sujet de cette intervention est la théorie de l'Extended Mind (esprit étendu), que Clark avait défendu avec David Chalmers dès 1998. Andy Clark consacre tout un livre à cette question (Supersizing the Mind, 2008) et a paru récemment un ouvrage collectif d'articles discutant l'Extended Mind (Richard Menary, Extended Mind, 2010).
La question que pose Clark est celle-ci : est-il possible que l'activité qui nous permet de penser se déroule en dehors de notre cerveau ?
Cela peut paraître vraiment étrange, mais n'est-il pas vrai que lorsque nos mouvements sont entravés, notre réflexion s'effectue plus difficilement ? N'a-t-on pas aussi besoin du corps pour nous aider à penser ? De la même manière, nombre de personnes qui ont reçu une prothèse pour remplacer un membre semble l'avoir intégré comme une partie non-biologique de leur corps, plutôt que comme un simple outil. Clark émet l'hypothèse que plus la prothèse sera lié au cerveau par une interface non-invasive ou même invasive, plus elle prendra part au processus cognitif de l'individu concerné. Il imagine même que cette prothèse soit en fait un "explant", qui soit relié au cerveau mais pas au corps, par où pourrait avoir lieu une partie du processus cognitif. L'esprit n'est donc pas simplement le résultat de l'activité neuronale, mais est bien plutôt l'agrégat complexe composé des interactions entre le cerveau, le corps et l'environnement.
Cet article a suscité pas moins de 187 commentaires, auxquels Clark a tenté de répondre deux jours plus tard. Il reconnait évidemment une différence entre un cerveau et un smartphone. Si on perd le premier, cela sera plus dommageable que de perdre le second. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut exclure le smartphone des processus cognitifs, de l'esprit. En effet, nous pouvons perdre des neurones, un doigt... sans pour autant avouer par la même occasion qu'ils n'étaient pas inclus dans l'esprit eux aussi, avant de disparaitre. Une autre critique suggèrerait qu'il faudrait différencier ce qui fait le système cognitifs, de ses simples "inputs", mais Clark ne l'accepte pas. Il signale que s'il pense que l'esprit n'est pas tout entier contenu dans le cerveau, il n'en va pas de même pour la conscience.
Le sujet de cette intervention est la théorie de l'Extended Mind (esprit étendu), que Clark avait défendu avec David Chalmers dès 1998. Andy Clark consacre tout un livre à cette question (Supersizing the Mind, 2008) et a paru récemment un ouvrage collectif d'articles discutant l'Extended Mind (Richard Menary, Extended Mind, 2010).
La question que pose Clark est celle-ci : est-il possible que l'activité qui nous permet de penser se déroule en dehors de notre cerveau ?
Cela peut paraître vraiment étrange, mais n'est-il pas vrai que lorsque nos mouvements sont entravés, notre réflexion s'effectue plus difficilement ? N'a-t-on pas aussi besoin du corps pour nous aider à penser ? De la même manière, nombre de personnes qui ont reçu une prothèse pour remplacer un membre semble l'avoir intégré comme une partie non-biologique de leur corps, plutôt que comme un simple outil. Clark émet l'hypothèse que plus la prothèse sera lié au cerveau par une interface non-invasive ou même invasive, plus elle prendra part au processus cognitif de l'individu concerné. Il imagine même que cette prothèse soit en fait un "explant", qui soit relié au cerveau mais pas au corps, par où pourrait avoir lieu une partie du processus cognitif. L'esprit n'est donc pas simplement le résultat de l'activité neuronale, mais est bien plutôt l'agrégat complexe composé des interactions entre le cerveau, le corps et l'environnement.
Cet article a suscité pas moins de 187 commentaires, auxquels Clark a tenté de répondre deux jours plus tard. Il reconnait évidemment une différence entre un cerveau et un smartphone. Si on perd le premier, cela sera plus dommageable que de perdre le second. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut exclure le smartphone des processus cognitifs, de l'esprit. En effet, nous pouvons perdre des neurones, un doigt... sans pour autant avouer par la même occasion qu'ils n'étaient pas inclus dans l'esprit eux aussi, avant de disparaitre. Une autre critique suggèrerait qu'il faudrait différencier ce qui fait le système cognitifs, de ses simples "inputs", mais Clark ne l'accepte pas. Il signale que s'il pense que l'esprit n'est pas tout entier contenu dans le cerveau, il n'en va pas de même pour la conscience.
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